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Théâtre Michel (Paris)
par casa-thou
Pour sauver son théâtre, le maire d’un petit village du sud-ouest, auteur dramatique, demande l’aide d’un acteur parisien, mi cabot, mi ringard, nommé Jean-Pascal.
Au fur et à mesure des répétitions Jean-pascal découvre la pièce, l’odyssée du chevalier Saint Germaine, ses partenaires, des habitants du village, et André, le jardinier reconverti en souffleur.
Rien ne se passe comme prévu mais la Vierge, qui ne quitte jamais André, veille.
On rit beaucoup du décalage culturel entre cet acteur "confirmé", issu du milieu parisien, et les habitants du village, certains de leur investissement culturel… et habités par la volonté de sauver leur théâtre.
Dans une mise en scène enjouée et rythmée, on passe un très bon moment, avec une mention spéciale pour Xavier Letourneur dans le rôle de l’acteur parisien, rempli de cabotinage et qui se demande dans quelle aventure il se trouve.
chroniqueuse, Paris
rédacteur depuis 3 ans
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Ses autres conseils :
Théâtre de l’ Oeuvre (Paris)
Vite, vite et sans jeu de mot (bistro en russe signifiant vite…) je m’empresse de vous conseiller d’aller tomber sous le charme de cette comédie. Le temps m’est compté car la fin de ce spectacle est programmée hélas pour le 31 janvier prochain. Il y a tant à voir que j’ai trop attendu et voilà que je regrette d’avoir favorisé d’autres spectacles dont je ne ferai pas une ligne de critique !
Donc pour résumer vite et bien, "Bistro" raconte l’histoire de Jo (Sylvie Audcoeur, gracile et attachante). Elle doit quitter le café, promis à la démolition, hérité de son père, un russe blanc exilé en France dans les années 1920. Elle est aidée dans son déménagement par Camille (Marie Piton épatante de fraîcheur et de dynamisme) sa demi-sœur ainsi que d’un voisin Fred (Alexis Desseaux, comédien tendre et sensible, amoureux transi de Jo) et d’une ancienne serveuse (Michèle Simonnet resplendissante et drôle).
Les souvenirs reviennent, les révélations éclatent, on s’énerve, on se réconcilie, la nostalgie embrumée par la vodka donne à cette comédie toute simple vraiment beaucoup de charme. On se laisse cueillir par quelques chansons bien troussées et bien interprétées. C’est sans prétention, loin de ces comédies musicales ronflantes et montées à coup de millions, tonitruantes jusqu’à l’overdose. C’est tendre comme un bonbon, pétillant comme du champagne. Le décor est ravissant. Les comédiens, doués d’une grande sensibilité, défendent avec conviction et talent ce spectacle qui le mérite bien. Anne Bourgeois a mis beaucoup de cœur dans sa mise en scène. Les spectateurs repartent ravis. Une petite bulle de bonheur vient de passer sur le charmant théâtre de l’œuvre.
chroniqueuse, Paris
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A mon âge, je me cache encore pour fumer
Théâtre treize (Paris)
Dans l’intérieur ouaté et humide d’un hammam, neuf femmes algéroises se retrouvent. Moment suspendu, calme et serein. Dehors, nous sommes à la fin des années noires en Algérie, bruits et violences agitent le pays. Dehors, les hommes, les chefs règlent leur compte. Ici, leurs femmes, leurs mères ou leurs filles protégées par ce lieu, peuvent s’exprimer sur les sujets qui les brisent : port du voile, mariage forcé, sexualité violé, humiliation constante.
Mais, comme toutes les femmes courageuses, elles savent aussi papoter, rire de tout et de rien. Face à la mère revenue de tout, la fille est pleine d’espoir et d’illusion : forcément pour elle çà sera différent… Il y a aussi la femme amoureuse, l’insolente ou celle qui ne s’en laisse pas compter, l’autre qui ne pense qu’au mariage même si ce qu’elle entend l’effraie un peu. Elles sont là avec leur vécu, leur certitude, leur différence de classe et d’âge. Elles sont drôles, angoissées, pudiques ou audacieuses et lavent ensemble leurs corps et leurs souffrances. Elles s’engueulent, se soutiennent, s’écoutent, se confient. Cet espace, rien qu’à elles, les libère et les révèle. Les vérités éclatent et çà leur fait un bien fou et nous en dit long sur la politique et la société algérienne. Cet endroit privilégié les aidera à supporter le pire.
La mise en scène à la fois sensuelle et délicate au milieu d’un décor aux couleurs apaisantes parle avec justesse et sans complaisance d’une Algérie actuelle, pleine de contradiction, sorte de témoignage précieux, même si par moment le spectacle souffre d’une interprétation un peu inégale.
chroniqueuse, Paris
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Le bonheur est à l’intérieur de l’extérieur de l’extérieur de l’intérieur, ou l’inverse
La Manufacture des Abbesses (Paris)
Après les succès « si j’étais un arbre », « le cœur sur la main » et « le secret du temps plié » qu’il a baladé de nombreuses années entre Paris et Avignon, Gauthier Fourcade revient avec ce tout nouveau spectacle.
L’auteur veut faire un spectacle sur le bonheur mais ne trouve pas le début, le milieu et la chute. Il croit donc être arrivé au bout de son imaginaire et décide de se noyer dans son texte et même se perdre à l’intérieur de son réfrigérateur. Il se retrouve finalement en dehors de l’univers ? Dit ainsi çà peut paraître compliqué mais expliqué par Gauthier Fourcade, tout devient limpide et évident.
On retrouve bien la patte de l’auteur : jeux de mots poétiques dont lui seul a le secret, douceur des propos, originalité de l’histoire, mélancolie, absurdité logique. Tous les ingrédients sont au rendez-vous et les aficionados de Gauthier Fourcade sortent de la salle satisfaits, avec comme d’habitude des étoiles dans les yeux.
chroniqueuse, Paris
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La maîtresse en maillot de bain
Ciné 13 Théâtre (Paris)
« Haut les mains
Peau d’lapin
Haut les pieds
Peau d’gibier
La maîtresse en maillot d’bain ! »
Telle est la comptine scandée depuis toujours dans les cours de récréation des écoles maternelles. Et c’est bien d’école maternelle dont il est question dans ce spectacle, mais plutôt du côté de la salle des instituteurs. S’y retrouvent donc quotidiennement Myriam (Ludivine de Chastenet) la directrice, sèche et autoritaire, Rémi (Christophe Corsand) atteint d’un léger syndrome de Peter Pan, toujours enrhumé et Nicolas (Fabrice Feltzinger), divorcé, dragueur et sûr de lui. Les relations un peu tendues vont exploser avec l’arrivée de Béatrice (Pauline Guimard) psy formatée à souhait débitant les phrases toutes faites, envoyée par le ministère et chargée de faire le point sur le stress dans le corps enseignant.
Les répliques font mouche et les comédiens défendent leur rôle avec talent. Chacun finit par dévoiler ses fêlures et permet de donner du relief aux situations et de faire évoluer l’interprétation. On finit par se prendre d’empathie pour eux. La mise en scène est vive, bien en situation et sans temps mort.
Cette comédie alerte est un très agréable moment de détente et de rire.
chroniqueuse, Paris
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Thé à la menthe ou t’es citron ?
Théâtre Fontaine (Paris)
Pour qui connaît "L’impromptu de Versailles" de Molière, "En sourdine les sardines" de Michael Frayne rendu célèbre par l’équipe des Branquignols ou plus récemment "Le jour de l’italienne" de la compagnie Eulalie, il sera inutile d’approfondir le thème de "Thé à la menthe ou t’es citron ?" Disons seulement qu’il s’agit, comme dans les pièces précédemment citées, d’assister aux répétitions d’un spectacle puis à la "première" publique. Dans une approche sérieuse nous pourrions parler du théâtre dans le théâtre, thème cher à nos intellectuels et autres spécialistes du sixième art dits "arts vivants". Ici, rien de tout cela, nous sommes dans une farce des plus loufoques.
Cette pièce a été écrite en 1990 par Danielle Navarro-Haudecoeur et Patrick Haudecoeur alors qu’ils n’étaient à l’époque qu’amateurs. Elle remporta un tel succès qu’on leur proposa une représentation exceptionnelle en 1991 au Café de la Gare. Triomphe. Le théâtre des Variétés la programma aussitôt. Nouveau triomphe. La voici qui revient et qui fait salle comble depuis janvier 2010 !
Comme tout bon vaudeville, il y a la femme, le mari et l’amant, le placard, les qui propos et rebondissements. A quelques jours de la première représentation personne n’est prêt. Tout foire lamentablement et la troupe doit, en plus, supporter dans le rôle principal le fils du producteur (Patrick Haudecoeur), parfait ahuri, maladroit et gaffeur.
Les trous de mémoire se succèdent, les décors s’écroulent, les costumes se déchirent, les emplacements et répliques s’embrouillent. C’est calamiteux et pitoyable. Paradoxe inouï : plus la troupe s’effondre lamentablement, plus la salle est hilare !
Mention spéciale à Patrick Haudecoeur digne fils spirituel de Jean Le Poulain aux mimiques clownesques désopilantes à qui l’on doit déjà les excellents "frou-frou les bains" et "la valse des pingouins" et à Jean-Luc Porraz en ringard et cabot de première qui en fait des tonnes pour notre plus grand plaisir.
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Ses autres conseils :
Palais des glaces (Paris)
"Crise de foi" aurait pu s’intitulé "criseS de foi" car Sophia Aram s’attaque avec humour dans son deuxième one woman show aux trois religions monothéistes. Drôle sans jamais être vulgaire, elle se pose des tas de questions sur les préceptes de la chrétienté, du judaïsme et de l’islam. Une chose est sûre : partout Dieu est le chef de l’homme et l’homme le chef de la femme. Ca commence fort et çà permet de se rendre compte qu’immédiatement Sophia Aram va avoir des doutes et de sérieuses revendications. Elle essaie malgré tout de concilier les trois religions mais ce n’est pas une mince affaire. Mille questions l’assaillent aussi importantes que Jésus est-il mort du tétanos ? Peut-on embrasser son mari s’il a mangé du saucisson ? Ou encore, Moïse avait-il inventé le premier IPAD ?
Le public rit de bon cœur car il n’y a rien de malsain dans son discours mais simplement un humour parfois un peu corrosif. Il ne faut pas se fier à sa petite silhouette gracile car elle a un aplomb déconcertant. De la même trempe et de la même génération que ses copines Florence Foresti ou Julie Ferrier elle est très à l’aise sur scène, vive et drôle. Gracieuse et qui plus est, ce qui ne gâte rien, mignonne à croquer Sophia Aram nous embarque avec délice dans ses délires et le spectacle nous semble trop court.
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Le Splendid (Paris)
Nous sommes en 1534, Charles Quint est à la tête du puissant empire germanique et menace le royaume de France. François 1er, se sentant trop faible, veut faire alliance avec Soliman le Magnifique pour contrer l’envahisseur. Il envoie donc en secret un missionnaire à Constantinople afin de faire signer le traité au sultan.
Les coscénaristes Sébastien Azzopardi et Sacha Danino partis de ce fait historique, se sont ensuite embarqués dans un délire éminemment imaginaire. Le missionnaire, Florimont, chevalier de la Courneuve, est en fait un petit prof de banlieue, sans éclat, pépère, gaffeur et maladroit. François 1er l’a choisi tout simplement parce qu’il n’a pas mieux sous la main. Florimont ne veut pas y aller et le roi va jusqu’à menacer de tuer toute sa famille s’il refuse d’accomplir sa mission.
Contraint, voilà donc notre loser qui part mollement sur les routes de France et de Navarre sur son cheval en polystyrène, accompagné d’une espionne du Vatican (très bonne chanteuse) et deux autres complices doublant, triplant , voire quadruplant les différents personnages.
Au milieu de décors en carton et d’épées en plastique, le texte est truffé de contrepèteries et d’anachronismes délirants, les gages pleuvent en cascades et les situations ubuesques et hilarantes se bousculent. L’excellente jeune troupe s’en donne à cœur joie et le public en redemande. C’est potache à souhait, burlesque, loufoque et rapide comme du Tex Avery.
Ce petit bijou de drôlerie dans la pure tradition des Monty Python, mis en scène par Sébastien Azzopardi et Romain Canard, est passé du théâtre Tristan Bernard au théâtre Michel et se joue depuis plus d’un an. Aujourd’hui c’est le Splendid qui affiche complet. Nominé meilleure pièce comique aux Molière 2010, les représentations devraient s’achever le 31 décembre 2011, mais quand on sait que les auteurs sont les mêmes que ’le tour du monde en 80 jours’, on peut espérer retrouver cet accablant Florimont et ses joyeux drilles en 2012.
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missmarinette : J'ai vu, j'ai adoré et j'ai vraiment beaucoup ri !
il y a 1 an
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Warren Zavatta "Ce soir dans votre ville"
Théâtre Le Temple (Paris)
Prononcer le nom de Zavatta suffit à faire ressurgir nos souvenirs d’enfance : les grosses chaussures, la perruque qui tourne, les pantalons trop larges. Regardez l’affiche du spectacle de Warren Zavatta et nos souvenirs basculent : on y voit sur fond noir, un visage triste, avec un nez rouge de clown qui saigne.
Warren Zavatta va nous expliquer avec maints détails croustillants qu’être un "Zavatta" n’a pas été si porteur que çà : toujours sur les routes sans pouvoir faire d’études trop poussées, ne pas avoir le temps d’avoir des copines, de se faire des copains. On le met très jeune à toutes les disciplines du cirque : cracheur de feu, équilibriste, dompteur, magicien, trapéziste, lanceur de couteaux mais …c’est pas son truc puisqu’il veut être comédien
Alors cet homme orchestre doué exécute avec talent, devant nous, chacune de ces spécialités apprises de force. Il nous explique avec une drôlerie désopilante, l’ennui que ça lui a procuré mais aussi les plaisirs.
Facétieux, émouvant, cruel, il balance des vérités sur le monde particulier du cirque en finissant ses phrases par un : "moi, j’suis un romano, j’ai peur de rien ! ". C’est vrai, il a tout connu, tout observé avec lucidité. Il a été élevé vraiment à la dure. Il en est ressorti meurtri mais plus fort, plus équilibré et plus sain que quiconque. Aujourd’hui il est comédien, métier qu’on lui refusait adolescent. Il a bien fait de s’accrocher à son rêve car c’est vraiment sa voie qu’il suit aujourd’hui pour notre plus grand plaisir.
Comédie Bastille (Paris)
par Alain
Anthéa Sogno est à l’origine du projet de ce spectacle. Il a été conçu d’après la nombreuse correspondance (plus de 23 000 lettres) que Juliette Drouet et Victor Hugo se sont échangés durant les 50 années de leur relation amoureuse.
Nous n’assistons pas pour autant à une banale lecture. Bien au contraire. Le travail d’adaptation, le choix éclairé des lettres et surtout leur agencement sous forme de dialogues reconstitués produisent une authentique -uvre théâtrale.
Les deux comédiens (Sacha Petronijevic et Anthéa Sogno) interprètent avec fougue et sensibilité ces deux amants hors du commun. La flamme qui illumine le regard de Juliette tout au long de la représentation est un réel bonheur. Elle donne une belle intensité à son personnage, qui a voué toute sa vie à son amour.
Créée en 2008, la pièce n’a de cesse de partir en tournées et revient régulièrement à la Comédie Bastille tant le « bouche à oreille » marche bien. Les aficionados de Juliette et Hugo sont nombreux et très enthousiastes de voir et revoir ce petit bijou.
Quel magnifique spectacle !
chroniqueuse, Paris
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Café de la Gare (Paris)
1782 : l’anglais Phileas Fogg et son valet français Passepartout font le pari fou de réussir à faire le tour du monde en 80 jours.
Une folie encore plus grande était de restituer ce roman avec 5 comédiens (alors que le roman compte 39 personnages) qui traversent 3 océans, 4 continents sur la petite salle du Café de la gare et réduisent 80 jours en 1h30 !!!
Le pari est tenu et c’est le délire du début à la fin. Sur un rythme d’enfer sans faille avec mille idées à la seconde, notre joyeuse troupe passe d’une situation à l’autre avec une rapidité vertigineuse. Avec des moyens de bout de ficelle, une impertinence constante et une vraie bonne humeur ils nous entrainent dans la loufoquerie, le burlesque le plus débridé.